2. Après l'inondation totale
Sous l'action de l'eau, notre papier tendu sur le chassis gondole fortement et sa surface a pris l'aspect d'un miroir.Il faut alors évacuer le surplus d'eau en inclinant le support pour éviter les flaques trop difficiles à contrôler.
Trois types d'outils sont ensuite nécessaires qui correspondent aux trois étapes majeures du séchage progressif du papier.
Entrent ici en action les petits gris et autres pinceaux à réserve, pour déposer sur le papier des pigments assez concentrés qui viendront se fondre dans l'eau pour réaliser des fondus, des ciels ou des ambiances lumineuses plus ou moins diffuses .
Le papier a séché encore un peu et la brillance n'est visible que dans les creux du papier: les pinceaux sans réserve d'eau entrent en scène pour déposer des pigments épais ou crémeux qui permettront de réaliser les ombres et les accentuations.
Ces pinceaux, type Sepia Deco de chez Raphaël ou Nova de chez Da Vinci, n'ont pas de ventre et sont en poils synthétiques: ils apporteront donc beaucoup de couleur et peu d'eau sur votre papier, limitant la fusion et le déplacement des pigments.
Le papier ne brille pratiquement plus: c'est le moment idéal pour le ballet des brosses carrées : trempées dans l'eau claire et égouttées sur un chiffon ou le bord d'un pot, elles conservent une petite goutte d'eau qui, au contact du papier, pousse les pigments fraîchement déposés et ouvre de très beaux blancs dans la matière en suspension.
Tout est difficile, à ce moment-là, la bonne humidité du papier, le bon essorage de la brosse, la bonne vitesse de déplacement de la brosse sur le papier, qui va permettre à l'eau de faire son travail.
Il faut choisir ces brosses en poils synthétiques, à la fois minces et nerveuses, pour la précision du travail.
Le spalter (pinceau sans réserve plat, large et doux en poils synthétiques), quant à lui, est un outil polyvalent.
Il peut être utilisé tout au long du cycle de l'eau pour :
- reconstituer rapidement une humidité mate sur une surface ayant séché complètement: cette humidité sera, cependant, de plus courte durée.
- poser des ombres et des accentuations dans l'humidité mi-mate (voir ci-dessus)
- ouvrir des blancs dans l'humidité mate-fraîche (voir ci-dessus)
Pour illustrer mon exposé, voici un extrait du drapé monochrome déjà exposé dans une note précédente, où l'on voit concrètement les 3 étapes décrites plus haut:
- le fondu uni qui a servi de fond au tableau, posé au pinceau à réserve d'eau en petit gris dans l'humide-brillant
- les ombres et accentuations posées au pinceau sans réserve dans le mi-mat
- les blancs levés dans le mat-frais à la brosse carrée pour faire apparaître les zones de lumière.
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